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samedi 16 décembre 2017

Patrimoine : des ministres millionnaires au gouvernement

En ces temps d'économies, La République en marche ne fait pas pitié

Plusieurs ministres du gouvernement d'Edouard Philippe se sont révélés millionnaires.

Muriel Pénicaud, Nicolas Hulot et Françoise Nyssen sont d'heureux millionnaires, selon leurs propres déclarations de patrimoine publiées vendredi 15 décembre par la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), conformément à la loi relative à la transparence de la vie publique adoptée en 2013.

La ministre du Travail a un patrimoine de plus de 7,5 millions d'euros, selon les documents mis en ligne. 
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Son coiffeur n'est pas millionnaire,
la maquilleuse de Macron, si !
En juillet dernier, la HATVP avait déjà révélé que Muriel Pénicaud a perçu au total 4,74 millions d'euros net de 2012 à 2014, une plus-value réalisée sur des actions Danonealors qu'elle était directrice des ressources humaines du groupe.
Muriel Pénicaud est notamment propriétaire d'une maison dans les Hauts-de-Seine d'une valeur estimée à 1,3 million d'euros, et d'une maison dans la Somme valant 340.000 euros. Le total de ses contrats d'assurance vie, instruments financiers, comptes courants et produits d'épargne atteint quelque 5,9 millions d'euros.

Le ministre de la Transition écologique de plus de 7,2 millions.
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Nicolas Hulot a déclaré une maison de plus de 300 mètres carrés en Corse estimée à plus d'un million d'euros, ainsi que plusieurs autres biens immobiliers en Côte d'Armor et en Savoie dont il est co-propriétaire, d'une valeur totale de 1,9 million.
A cela s'ajoute sa société Eole, qui encaisse ses droits d'auteurs et les royalties des produits dérivés Ushuaïa et dont la valeur est estimée à 3,1 millions d'euros, tandis que le total de ses contrats d'assurance vie, instruments financiers, comptes courants et produits d'épargne atteint environ 1,17 million d'euros.

La ministre de la Culture est à la tête de plus de 4,3 millions en euros
L'ancienne patronne des éditions Actes Sud, déclare 4 millions d'euros pour sa société arlésienne et pour plus de 600.000 euros de biens immobiliers.

Les autres ministres ne sont pas dans le besoin

Le ministre de l'Economie affiche quant à lui des parts d'une société civile (de 2 personnes) évaluées à 1,5 million d'euros, dans le secteur d'activité des Transports (60130 Cuignières). S'il en possède les deux-tiers il est également millionnaire. 
Selon sa déclaration à la HATVP, il ne serait plus gérant de l'entreprise SCI Aulembra, dont l'activité activité est la location de terrains et d'autres biens immobiliers.
Bruno Le Maire déclare en outre 168.000 euros de placements financiers. Et sa conjointe, Pauline Doussau de Bazignan ?

Cachottier et grincheux
Le premier ministre possède un patrimoine estimé à un peu plus de 1,7 million d’euros, mais certains journaux tiennent absolument à le juger "modeste" ! On trouve néanmoins un appartement parisien (1,25 million d’euros), un appartement en Seine-Maritime (400 000 euros) et des valeurs mobilières d’environ 56.000 euros. 
Or, "mon poulet" de Castaner a déclaré son appartement parisien en ...copropriété (à 50%). En vérité, le couple Philippe est millionnaire. 
Même procédé de l'ancien adjoint chargé de l'urbanisme dans la ville du Havre, dont il est devenu maire, avec un appartement en Seine-Maritime, dont il est également copropriétaire (à 20%) d'une valeur de 400.000 euros. 
Le site Mediapart a récemment pointé une zone d’ombre dans le rapport d'Edouard Philippe à la pierre. L'ancien maire aurait tendance à se faire beaucoup plus discret lorsqu’il s’agit de son propre patrimoine. Alors qu’il ne dispose pas d’un patrimoine immobilier fantôme, comme celui d’Emmanuel Macron, il a constamment évacué l'évaluation de ses biens avec la formule "Aucune idée". Aussi bien pour son appartement à Paris que pour ses parts dans une résidence de Seine-Maritime. Une attitude désinvolte qui lui aurait valu, révéla Mediapart en 2014, un blâme de la part de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique, pour une déclaration incomplète et fantasque assortie d’annotations manuscrites ironiques. Une attitude que le grincheux explique par "une forme de mauvaise humeur" et son absence d’accès aux bases de données permettant une évaluation. Il faut que, de toute urgence républicaine, il découvre Patrim, un service mis à disposition par l’administration fiscale, notamment pour éclairer les propriétaires qui ne sauraient plus quelle est l'étendue de leur propre patrimoine.
Quant au total de ses contrats d'assurance vie, instruments financiers, comptes courants et comptes épargne, il atteint environ 56.000 euros. Il doit également rembourser un emprunt immobilier de quelque 336.000 euros. Au taux d'intérêts consenti aux députés ?
"L’enrichissement personnel" de certains parlementaires grâce à leur IRFM (5.770 euros brut mensuels) "est notoire", déplore l'association 'Pour une démocratie directe'. L'IRFM : en plus de leur "indemnité parlementaire" (soit leur salaire, d'un montant de 7 100 euros brut) et de leur "crédit affecté à la rémunération de collaborateurs" (pour payer les assistants, conseillers…) L'association souligne par ailleurs que des prêts immobiliers ont été accordés jusqu'en 2012 à certains députés sur le budget de ...l'Assemblée. Or, c'est le statu quo, malgré l'annonce de la moralisation de la vie publique et alors même que certains prêts "courent jusqu'en 2020" et que leur attribution n'est plus autorisée aujourd'hui. Le montant avancé de ces prêts en cours est "entre 80 et 90 millions d'euros". Edouard Philippe a été député de mars 2012 à juin 2017.
Les prêts immobiliers ont été aux députés accordés à
des taux d'intérêt très inférieurs au marché ("1,9 point en dessous du taux auquel l’Etat empruntait" : d'où une perte pour l'Etat et surtout la collectivité des contribuables)...

En titre, Le Monde recense en revanche 
"De nombreux millionnaires parmi les membres du gouvernement"...

Le "président des riches", Emmanuel Macron,en vérité  compte une douzaine de millionnaires dans son équipe gouvernementale de 32. L'AFP en tête, certains journaux font donc l'impasse sur la plupart, sachant que, nommés lors du mini-remaniement du 24 novembre, les secrétaires d’Etat Olivier Dussopt et Delphine Gény-Stephann disposent d’un délai supplémentaire et leur patrimoine ne sera pas publié avant quelques semaines.

Outre Muriel Pénicaud, la ministre du Travail,  ou Nicolas Hulot, ministre de la transition écologique et solidaire (qui possède six voitures polluantes, un bateau et une moto aux bilans carbone non moins négligeables, et un scooter électrique)

Le "sans dents" du gouvernement est Gérald Darmanin, le ministre de l’action et des comptes publics, qui possède moins de 50.000 euros de biens, principalement représentés par un terrain – non constructible – de deux hectares situé dans le Nord (estimé à 30.000 euros). Une "fortune" qui place l’ancien député Les Républicains parmi les Français les plus modestes.
Selon l’Insee, le patrimoine moyen est de 158.000 euros bruts par ménage en France. Les 10 % des Français les plus riches détiennent 595.700 euros d’actifs et les 1 % les plus favorisés disposent de plus de 1,95 million d’euros.

La Haute Autorité minimise les cas de tentative d'évasion
Selon la HATVP, tous les ministres se sont prêtés de bonne grâce, et dans les délais, à l’exercice de transparence. Le collège de la HATVP n’a pas relevé d’anomalies ..."graves", qui auraient nécessité une observation publique ou, pire, un signalement au parquet.

Néanmoins, un tiers des déclarations "de situation patrimoniale" des membres du gouvernement ont suscité des demandes d'éclaircissements de la HATVP aux déclarants, et des demandes de précisions ou de rectifications "techniques" portant sur des éléments manquants, incomplets voire erronés (quote-part, usufruit ou nue-propriété, etc.), ont été effectuées, selon la Haute Autorité. Il s’agit d’une proportion comparable à celle constatée pour les députés de la précédente législature (2012-2017) et qui reste donc importante, en dépit de la promesse que la moralisation de la vie publique se mettrait un jour en marche.

Trois membres du gouvernement ont été invités à réévaluer leur patrimoine, dans des déclarations rectificatives séparées

Avant
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Après (2017)
La ministre chargée des affaires européennes. Elle veut tout (ci-contre), Nathalie Loiseau, mais a dû rehausser de 400.000 euros la valeur de son appartement de 190 m2 à Paris (à 2 millions d’euros).

La garde des Sceaux. Nicole Belloubet a dû retrouver la mémoire sur un patrimoine immobilier déjà conséquent, dont des parts dans deux appartements à Paris et une maison dans l’Aveyron, pour une valeur vénale supplémentaire de 336.000 euros (environ 1 million d’euros au total). Celles-ci ne figuraient nulle part dans sa première déclaration... 

L'écologiste Nicolas Hulot avait lui aussi fait une omission : des parts dans une maison et un appartement, pour une valeur cumulée de 157.000 euros, une broutille dans sa longue liste de biens.

Toutes les déclarations publiées vendredi restent sous le contrôle de la HATVP durant toute la durée des fonctions ministérielles des déclarants, la Haute Autorité se réservant la possibilité d’en réexaminer la sincérité, si de nouvelles informations lui parvenaient… signalées par des citoyens ou par la presse. "Ces premières vérifications constituent une étape importante. Mais elles n’ont pas valeur de quitus ad vitam aeternam", souligne-t-on à la HATVP.

Quant à Emmanuel Macron, c’est la déclaration qu’il a effectuée lorsqu’il s’était porté candidat à l’élection présidentielle qui reste valable. 
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A la différence de ses ministres, celle-ci n’a pas été contrôlée par la HATVP, la loi alors en vigueur ne le prévoyant pas. Mais celle sur la confiance dans la vie publique du 15 septembre 2017 a changé les règles. Du coup, la Haute Autorité sera amenée à contrôler sa déclaration à la fin de son mandat… en 2022.

jeudi 14 décembre 2017

Très haut débit: le gouvernement débloque 100 millions d’euros supplémentaires

Double peine pour les clients des fournisseurs d'accès ?


  • Édouard Philippe a dévoilé, ce jeudi 14 décembre, le plan du gouvernement pour que tous les Français aient accès à au moins un « bon haut débit » internet d'ici 2020 et un très haut débit en 2022.
    Édouard Philippe a dévoilé, ce jeudi 14 décembre, le plan du gouvernement pour que tous les Français aient accès à au moins un « bon haut débit » internet d'ici 2020 et un très haut débit en 2022. | AFP

Le plan du gouvernement pour que tous les Français aient accès à au moins un "bon haut débit" internet d’ici 2020 et un très haut débit en 2022 a été dévoilé par Edouard Philippe, ce jeudi 14 décembre, depuis Cahors. Le premier ministre s’est en effet  "délocalisé" dans la préfecture du Lot jusqu’à vendredi soirLe plan du gouvernement inclut un nouveau "guichet" de 100 millions d’euros pour les foyers les plus isolés.
"Beaucoup a été fait : nous aurons mis 15 à 20 ans pour fibrer la France là où on en a mis 60 pour l’électricité, c’est mieux mais c’est long quand même, a déclaré Édouard Philippe dans son discours au conseil départemental du Lot. Je comprends très bien l’impatience, parfois même l’exaspération et il faut prendre garde à ce qu’elle ne se transforme pas progressivement en colère."


Un chèque de 150 euros destinés à près d’1,5 millions de ménages


Le gouvernement va notamment mettre en place un guichet 'Cohésion numérique' doté de 100 millions d’euros
, pour répondre à cette "colère ". Cette nouvelle enveloppe financera un chèque de 150 euros destinés à près d’1,5 millions de ménages, les plus isolés géographiquement, pour qu’ils puissent se payer des technologies de très haut débit autre que la fibre optique (boucles radio, satellite, 4G fixe…). Ce plan confirme et précise l’objectif fixé par Emmanuel Macron en juillet en matière d’Internet fixe : haut débit pour tous à partir de 2020, soit 8 mégas par seconde (un film téléchargé en une heure), et très haut débit en 2022, soit au moins 30 mégas par seconde.


Hors les 1,5 millions de foyers en zone très isolée, les 33 millions de ménages restants doivent eux avoir accès progressivement d’ici 2022 à la fibre optique (100 mégas par seconde, 10 millions de foyers éligibles actuellement), selon le projet de l’exécutif.

Pour les 19 millions de foyers en zone urbaine ou périurbaine, les plus faciles à raccorder, les opérateurs privés (Orange, SFR, Bouygues, Free…) sont à la manœuvre pour qu’ils soient éligibles à la fibre d’ici 2020, sous surveillance de l’État. Pour les 13 millions de foyers en zone rurale, l’exécutif compte sur deux leviers : pour 3 à 4 millions d’entre-eux, le gouvernement veut recourir à des opérateurs privés, via des "appels à manifestations d’engagements locaux", avec peu ou pas de subvention publique. Ces appels doivent être lancés en janvier et bouclés en juillet, selon le gouvernement.Le second levier, pour 9 millions de foyers, passe par les réseaux dits "d’initiative publique". Face à la frilosité des opérateurs privés dans beaucoup de zones peu denses, de nombreuses collectivités locales ont en effet lancé elles-mêmes ces projets, financés à environ 50 % par des fonds publics.
Des "discussions" avec les opérateurs pour la téléphonie mobile


Concernant la téléphonie mobile, le gouvernement souhaite la généralisation de la 4G et une amélioration de la couverture, via la création de "nouvelles obligations pour les opérateurs" dans les zones d’habitation, les principaux axes de transport et les zones touristiques. A l’heure actuelle, les cartes de couverture montrent que moins de 60 % du territoire et moins de 90 % de la population disposent d’une très bonne couverture.
"Ma responsabilité, en tant que chef du gouvernement, c’est de m’assurer que 20 ans après l’invention du mobile, les Français disposent d’une couverture acceptable, a dit Édouard Philippe. Nous avons donc engagé des discussions avec les opérateurs. J’espère que nous les conclurons d’ici Noël; ce serait un beau cadeau."

L'Etat, actionnaire majoritaire chez Renault, va s'implanter dans la presse à Challenges

Le constructeur automobile se diversifie !...

Renault (40%) - et l'Etat (15,01%) - mettent un pied historique dans la presse 

Renault investit dans la presse mais le montant de sa mise au pot n'a pas été dévoilé. Le constructeur automobile va prendre une participation de 40% dans le groupe Challenges, qui édite le magazine économique du même nom et plusieurs autres titres, ont annoncé ce mercredi 13 décembre les deux groupes dans un communiqué. 
Renault   dans la presse avec cette entrée au capital du magazine économique, qui connaît de graves difficultés budgétaires mais dont les ventes se sont redressées ces derniers mois, après un plan d'économies et le départ de plusieurs journalistes. 

Renault justifie cette union contre nature par le développement de la voiture autonome 

La voiture autonome va "libérer du temps utile aux utilisateurs" et leur permettre de lire à bord, explique l'acquéreur dans un communiqué. "Ce projet s'inscrit pleinement dans la stratégie du Groupe Renault qui vise à offrir de nouveaux services connectés de qualité et à améliorer l'expérience de ses clients", affirme le patron de Renault, Carlos Ghosn, dans un communiqué relayé par BFM Business, plongé dans l'embarras depuis sa liaison tumultueuse avec  Patrick Drahi.

La voiture serait ainsi le "kiosque du futur", ironise Le Figaro. 
Le groupe automobile va investir 5 millions d'euros dans le groupe Sophia, précise ce quotidien. Avec le magazine économique, Sophia regroupe les titres Challenges : Sciences & Avenir, Historia, Histoire et La Recherche.
Concrètement, les deux groupes vont travailler à la création de contenus premium, sous forme audio ou vidéo, s'appuyant sur les articles de fond de Sciences & avenir, d'Historia ou de Challenges. "Cet accord a une vocation mondiale. Les articles seront traduits dans toutes les langues des pays dans lesquels nous vendons des voitures", s'est emballé Carlos Ghosn. Privatisée en 1996, la société par actions simplifiée Renault-Nissan, premier vendeur mondial de voitures, est en effet présent sur tous les continents.

L'entrée de Renault au groupe Challenges n'a pas été une évidence. 
Si, du point de vue de Claude Perdriel, l'opération est aujourd'hui présentée comme "logique" - seulement parce qu'il cherchait un autre actionnaire depuis plusieurs années en vue de préparer sa succession -,  Presse News révèle que des discussions ont d'abord eu lieu notamment avec Les Échos, qui appartient au groupe LVMH. Selon la lettre de l'Expansion, des négociations ont par la suite été menées avec le propriétaire du groupe Atalian, et actionnaire de La Tribune, Franck Julien.
Le Koweit entre au capital de la maison de presse Challenges par la fenêtre du garage. Il est en effet le plus gros investisseur de Daimler, lequel détient  plus de 3% de Renault.

De son côté, le propriétaire de Challenges, Claude Perdriel, a expliqué cette cession par la mauvaise situation financière de la presse. Il aurait été séduit par les plans sur la comète du constructeur automobile, un "projet révolutionnaire" de Renault : "mettre nos contenus à la disposition de tous les possesseurs de voiture Renault.
Selon l'homme d'affairesl, "l'automobile devient à son tour un outil de partage de la presse", comme le sont devenus les téléphones portables. Et le patron de presse gauchiste de rêver: "Chaque année, au lieu de perdre 6.000 points de vente, nous allons retrouver des millions de lecteurs et d'auditeurs potentiels."

Pourquoi Challenges "accueille" Renault dans son capital, selon Claude Perdriel

Claude PerdrielSa danseuse a offert au patron du magazine un éditorial.
Sous le titre "révolution", le propriétaire gauchiste qui a réussi en affaires dans le sanibroyeur, explique que "la situation financière de la presse est mauvaise, assurant que ses soucis personnels à Challenges sont également ceux de l'ensemble du secteur de l'information. On peut même s’interroger sur son avenir", dramatise le nonagénaire de 91 ans. Et de poursuivre sur le thème du pluralisme de l'information. "Pourtant un pays qui perdrait le pouvoir d’exprimer librement une opinion ou les conclusions d’une enquête cesserait d’être démocratique." 

Le magazine Challenges échappe encore à cette fatalité [de mort], assure-t-il. 
En 2017, ses ventes, son audience (sur papier et le web) et son chiffre d’affaires publicitaire ont augmenté. Avec 4 mensuels - Sciences & Avenir, La Recherche, L’Histoire et Historia -, il forme un groupe indépendant, unique, consacré à la diffusion de la connaissance et du savoir. 
"Mais les nuages noirs s’amoncellent", observe-t-il. Les marchands de journaux, ruinés, ferment. La coopérative qui nous distribue ne peut plus payer l’intégralité de notre dû. Sur internet, pour accepter de diffuser nos contenus, les grands groupes et les principaux intermédiaires prennent jusqu’à 70 % de nos recettes publicitaires, explique le gauchiste. Il y avait donc des raisons de s’inquiéter. 

Et puis, début septembre 2017, Carlos Ghosn, le PDG du groupe Renault, nous a proposé un projet révolutionnaire : mettre nos contenus à la disposition de tous les possesseurs de voiture Renault. Cette idée lui est venue en réfléchissant aux développements de la voiture électrique et de la voiture autonome connectée. 

Ces avancées peuvent aussi profiter dès maintenant à l’ensemble des modèles. 
"Ce projet s’inscrit pleinement dans la stratégie du groupe Renault qui vise à offrir de nouveaux services connectés et à améliorer l’expérience de ses clients ", nous a-t-il expliqué. Cette idée, si innovante, s’est imposée à nous, sur le champ, comme une évidence. Chaque année, au lieu de perdre 6.000 points de vente, nous allons retrouver des millions de lecteurs et d’auditeurs potentiels. 

Nous avons donc accepté cette proposition. 
Renault, en charge de l’innovation technologique, prend 40% de notre groupe et s’engage à respecter notre indépendance éditoriale. Détenteur de 60 % des parts, je reste garant de celle-ci. 
Il convient toutefois de tempérer ce bel enthousiasme et rappeler que Perdriel a déjà dû se séparer du groupe L'Obs cédé à 66 % des actionnaires du Groupe Le Monde, Xavier Niel et Matthieu Pigasse, le Groupe Perdriel, appartenant au fondateur du titre, Claude Perdriel ne sauvant que 34%.
"L’avenir s’éclaire, il devient passionnant, poursuit Perdriel. Les journalistes verront leur travail récompensé par une audience multipliée. Après les smartphones, qui nous ont ouvert de nouveaux débouchés via les kiosques numériques, l’automobile devient à son tour un outil de partage de la presse, sous forme de nouveaux contenus, évidemment. C’est une transformation totale, un développement dont nous vous ferons profiter, chers lecteurs. [sic] 
"Dans ma vie, j'ai dû céder deux fois des journaux pour des raisons financières: le Matin de Paris puis le Nouvel observateur. Instruit par ces expériences, je ne souhaite pas vendre ou prendre d'actionnaires".
"Vous pouvez nous faire confiance pour défendre, comme toujours, la qualité de votre magazine."  
Ainsi soit-il.  

Alstom: Macron met Montebourg hors de lui

GE ne respecte pas l'accord sur l'emploi, assure Montebourg

Nono n'a pas pris les garanties suffisantes et la France se fait berner

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Le géant américain de l'industrie General Electric (GE) ne respecte pas ses engagements sur l'emploi pris lors de l'accord de rachat en avril 2014 du pôle énergie d'Alstom, a dénoncé l'ancien ministre (2012-2014) de l'Economie Arnaud Montebourg, mercredi 13 décembre 2017, lors d'une audition à l'Assemblée. Il y a trois ans, le groupe Alstom avait vendu sa branche énergie, soit 70% de ses activités, l'Etat français en conservant 20%.
Le 4 novembre 2014, le ministre de l'Économie, de l'Industrie et du Numérique, Emmanuel Macron (août 2014-août 2016), autorisa l’investissement de General Electric dans Alstom.

Il y a deux ans, pour obtenir l'aval du gouvernement français au rachat du pôle énergie d'Alstom,
GE s'était engagé à créer 1.000 emplois nets en France d'ici à la fin 2018, sous peine d'une pénalité de 50.000 euros par emploi non créé.

En octobre dernier, l'ex-ministre du Redressement productif avait déjà exprimé sa colère devant des salariés de GE Hydro, branche du géant américain de l'énergie qui prévoit de supprimer 345 des 800 postes du site GE Hydro-Alstom de turbines hydroélectriques installé à Grenoble. Pour l'ancien patron de l'Industrie , "il reste quinze jours pour que l'État rachète les actions qu'il loue à Bouygues au sein d'Alstom". Et s'il ne le fait pas, il se prive de facto de juteux dividendes, polémiquait l'ancien ministre.
"Je ne peux pas considérer que l'accord a été respecté, puisqu'il y a déjà des pertes d'emploi qui ont été observées et donc le gouvernement doit faire respecter l'accord", a jugé Montebourg lors de son audition à l'Assemblée nationale par la commission d'enquête sur la politique industrielle.

En novembre, le solde était négatif de 590 postes, a récemment indiqué le président PS de la commission d'enquête de l'Assemblée sur la politique industrielle de l'Etat. 

"Les accords qui sont déloyalement exécutés doivent être sanctionnés et l'Etat a les moyens de le faire aujourd'hui", a encore jugé l'ancien élu, ajoutant que "c'était la première fois" que le gouvernement "avait trouvé un accord avec une sanction". 

Celui qui a préféré claquer la porte du gouvernement à l'arrivée de Manuel Valls,
Image associéeplutôt que de poursuivre son action, juge "utile" d'imposer à l'avenir "la nullité de l'accord" par "rétroactivité, en cas de manquement aux engagements.

Théoricien du patriotisme économique ressorti de sa retraite politique pour préserver l'emploi industriel qu'il avait livré aux mains du banquier Macron, ce partisan des nationalisations a également proposé que le gouvernement rachète les co-entreprises dans l'énergie entre Alstom et General Electric.
"Alstom peut racheter jusqu'en 2019 les activités (...) de la co-entreprise Alstom General Electric Renewable, qui comprend les turbines pour les barrages et l'énergie éolienne, et "dans laquelle figure l'entreprise GE Hydro", a-t-il assuré.

Un ministre négligent devenu président

Nono Montebourg a rappelé que le portefeuille d'Alstom, outre son activité ferroviaire, comprend "trois co-entreprises qui pèsent des milliards avec des droits de veto du gouvernement français". Les actions prêtées par Bouygues, 20%.

Ces co-entreprises seront vendues, révèle l'ancien ministre socialiste, citant le PDG d'Alstom, Henri Poupart-Lafarge.
"Je propose que le gouvernement se débrouille pour faire un accord de place avec l'ensemble des investisseurs pour racheter ces entreprises qui sont très profitables", a encore déclaré Montebourg. D'autant qu'une autre co-entreprise comprend les activités de turbines liées au nucléaire.

Macron, prognathe au regard louche
Plus largement sur l'application de l'accord de vente de 2014, l'ancien ministre s'est dit "extrêmement choqué de l'absence de suite tant du côté d'Alstom que du côté du gouvernement".
Nono Montebourg a aussi rappelé que le décret qu'il a lui-même pris le 14 mai 2014, en pleine affaire Alstom, donnait à l'Etat des moyens de s'opposer à des investissements étrangers dans des secteurs stratégiques français. "Je regrette qu'il n'ait plus servi après (...). Il faudrait revitaliser ce décret", a-t-il lancé.

Selon lui, "nous ne pouvons plus nous permettre d'accepter de vendre très facilement nos entreprises". "Pour retrouver le niveau de production industrielle dans notre pays, il faudrait mener la même politique pendant 10 à 15 ans, après les dégâts considérables de la crise de 2007-2008", a-t-il expliqué, faisant ainsi la leçon au président Macron.

La commission d'enquête de l'Assemblée sur la politique industrielle de l'Etat auditionnera jeudi la présidente de General Electric France, Corinne de Bilbao, et le PDG d'Alstom.

Une députée LREM s'en prend à une association d’intérêt public

La députée macronienne attaque le centre médico-sportif qui l'employait
Députée LREM du Maine-et-Loire depuis juin, Nicole Dubré-Chirat n'a pas tardé pour user de son nouveau statut

L'admiratrice de Macron réclame 13.000 euros d’indemnités au centre médico-sportif d’Angers (CMS), où elle complétait sa retraite de cadre de santé depuis six ans. Elle est la seule, parmi les 11 médecins et trois infirmières, tous retraités, à contester son licenciement. La requête du 13 septembre a été examinée le jeudi 30 novembre par le conseil des prud’hommes.

Quand le CMS ferma, après que la Ville d’Angers ait trouvé un accord avec le CHU pour assurer la même mission et économiser les deniers publics, début septembre, Nicole Dubré-Chirat perçut ses indemnités de licenciement : 3.900 € nets. Elle en veut 13.000 €.

"Au début, on a cru que c’était une blague", confie Philippe Soucheleau, président bénévole depuis 2008. "Le 24 octobre, elle a envoyé un courrier en recommandé au CMS pour réclamer 13.000 euros d’indemnités. Ce serait quelqu’un de lambda, ce serait incroyable. Mais, de par sa fonction d’élue, c’est encore plus choquant car c’est une association qui fonctionnait avec des deniers publics." L'association reçoit une subvention de la Ville d’Angers, socialiste jusqu'en 2014, quand la dame a été embauchée.

"C’est uniquement politique," explique Philippe Soucheleau, ancien président du CMS, pour qui cette demande est "une trahison". Elle estime que le CMS a été fermé de façon brutale; elle veut faire payer la Ville, et à travers elle, Christophe Béchu (maire d’Angers, DVD). Or, la mairie a fait ce qu’il fallait." Et de souligner que l’actuelle députée est "la seule des quatorze salariés licenciés" à contester ces indemnités.

Demandera-t-elle des indemnités quand ses électeurs s'en débarrasseront ?

A l’Assemblée nationale, le 12 juillet.
Deux paires de lunettes différentes
"Je ne suis pas naïve au point de savoir que quand on devient publique, le cloisonnement est un peu difficile, mais c’est une affaire privée antérieure à mon investiture et à mon élection", répond la députée, rappelant que la dissolution de l’association remonte au 24 avril. 

"Elle ne mérite pas cet argent"
"J’ai déposé une requête auprès des prud’hommes uniquement par rapport au contrat de travail et au respect du droit. Je ne veux pas qu’on dise que je réclame des cents et des mille", ajoute-t-elle. "8.726,02 euros, en l’occurrence", précise son avocat, en y ajoutant "des dommages et intérêts pour le retard et l’indemnisation de ses frais d’avocat."
"Mon contrat de travail précisait noir sur blanc que je devais travailler 10 heures par semaine, 40 heures par mois, hormis les vacances scolaires", argumente Nicole Dubré-Chirat qui précise qu'elle n'était pas bénévole.

Un Centre médico-sportif a vocation à fournir des certificats médicaux aux sportifs, gratuitement, soit environ 2.500 certificats médicaux par an : le CMS d'Angers fonctionnait... "Le principe, c’était la souplesse, on s’adaptait à la demande," explique la députée investie par la LREM.

"C’est dévastateur sur le plan politique". 
Cerise sur le gâteau, jusqu’à sa démission en septembre, Dubré-Chirat était par ailleurs, présidente du conseil interdépartemental de l’Ordre des infirmières du Maine-et-Loire, de la Sarthe et de la Mayenne.
L'indignation populaire qui commence à soulever une tempête médiatique devrait laisser des traces. 
Cette personne est membre LREM de la Commission des lois, membre de l’Observatoire de la laïcité . 

Quel est le montant des indemnités de cette députée,
outre sa pension de retraite ?
L’indemnité parlementaire comprend trois éléments : l’indemnité parlementaire de base, l’indemnité de résidence et l’indemnité de fonction.
L’indemnité parlementaire de base est fixée par référence au traitement des fonctionnaires occupant les emplois les plus élevés de l’Etat. Elle est égale à la moyenne du traitement le plus bas et du traitement le plus haut des fonctionnaires de la catégorie "hors échelle ".
En outre, les parlementaires reçoivent, par analogie avec le mode de rémunération des fonctionnaires, une indemnité de résidence. Celle-ci représente 3 % du montant brut mensuel de l’indemnité parlementaire de base.
A ces indemnités vient s’ajouter une indemnité de fonction égale au quart de leur montant.
Depuis le 1er février 2017, les indemnités mensuelles brutes sont les suivantes :
– indemnité de base : 5.599,80 € ;
– indemnité de résidence (3 %) : 167,99 € ;
– indemnité de fonction (25 % du total) : 1.441,95 €.
Soit brut mensuel, 7.209,74 €.
Quand la moralisation de la vie publique se met-elle en marche ?